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De
la musique de party!
entrevue
menée par Stéphane en
décembre 2003
Avec
un nom comme Sexhead, les trois gars de Montréal (anciennement
de Granby) qui forment ce groupe n’ont pas peur de susciter
des réactions. Passionnés, ils se défoncent
à l’adrénaline et ils adorent jouer pour une
bande d’ivrognes désabusés accoudés
au bar local, en attendant leur prochaine grosse Molson et le
groupe hommage à CCR. Sur scène, les musiciens débordent
d’une énergie contagieuse : vous pouvez être
certains que vous la sentirez quand vous les verrez dans une salle
près de chez vous. Après une première parution
en 1999, ils ont récidivé avec l’album I Abuse,
paru en 2002. Lors de leur passage au bar le Magog à Sherbrooke,
le 5 décembre 2003, Estrie d'musique a rencontré
le guitariste/chanteur Thierry Hivon, le bassiste/chanteur Alexandre
Simon et le batteur Sébastien Rioux.
Estrie
d'musique – Sur votre premier démo, votre musique
ressemblait à un mélange de grunge à la Mudhoney
et de punk. Sur votre premier album, I Abuse, vous avez
pris un virage plus punk. Quels groupes vous ont influencés?
Alexandre
Simon – On a appris à connaître beaucoup de
groupes avec le temps, de Chuck Berry jusqu’à AC/DC...
Thierry
Hivon – …en passant par plein de groupes plus ou moins
connus, comme les Candy Snatchers. On est des gros fans des Candy
Snatchers, ça fait quelques années qu’on «
trippe » sur eux. On écoute tellement de sortes de
musique différentes que maintenant, on ne cherche pas à
ressembler à nos influences; on fait juste des pièces
de Sexhead.
Sébastien
Rioux – I agree on that!!!
EDM
– À la lecture des paroles, on retrouve plusieurs
thèmes, comme le sexe, l’alcool, les partys. Vous
parlez beaucoup de l’aspect festif, mais on sent un côté
mélancolique, nostalgique dans les paroles. Est-ce que
ça vous représente bien?
AS
– Tu trouves?
EDM
– Dans « Back to seventeen », il y a un côté
« on se rappelle les bons moments ».
AS
– C’est la seule.
EDM
– Dans les autres aussi, comme dans « She’s
hardcore », par exemple, où vous dites « I
remember all the sex we use to have, I damned bored to masturbate
». Il y a un certain regard [vers le passé].
AS
– On parle de notre vécu. On va s’inspirer
d'un événement qui nous est arrivé dans le
passé. Je n’appellerais pas ça de la nostalgie,
mais on s’inspire des événements et des fêtes
qu’on a eues.
EDM
– Il y en a eu plusieurs?
Rires
AS
– De bien bons partys…
TH
– Dans le fond, les partys, ça va de soi. Si dans
les paroles tu parles de ce que tu fais et que tu fais le party,
bien, c’est ce que ça donne : de la musique de party.
EDM
– En quoi le titre de l’album, I Abuse, résume-t-il
les thèmes du disque?
TH
– Tous les membres du groupe sont excessifs dans ce qu’ils
font. Les paroles parlent tout le temps d’excès,
peu importe ce que c’est; ce n’est pas nécessairement
l’alcool, le sexe…
AS
– Ce que tu veux, tu le fais, et tu l’exploites à
fond.
TH
– Tu abuses de la vie.
EDM
– À quel point croyez-vous que les artistes doivent
endosser leurs paroles?
TH
– En autant que tu aies quelque chose à dire qui
sonne bien avec la musique, je trouve que c’est correct.
Nos paroles ne sont pas nécessairement autobiographiques,
même si on dit « I ».
EDM
– Pourquoi le nom Sexhead?
AS
– On avait un spectacle, et on devait avoir un nom. On en
a trouvé un, on s’est dit qu’on le changerait
à un moment donné, et il est toujours resté.
TH
– Ça fait six ans qu’on s’appelle Sexhead,
alors…
EDM
– Est-ce que c’est un nom qui vous représente
encore aujourd’hui?
AS
– Oui, très bien. Le sexe est une grosse partie de
nos vies.
SR
– C’est important.
TH
– Beaucoup de minutes d’une journée y sont
consacrées.
AS
– On ne parle pas d’érections, on parle juste
de…
En
chœur – De mental…
AS
– C’est dans la tête.
EDM
– Quand vous dites que vous êtes dans un groupe qui
s’appelle Sexhead, est-ce que vous suscitez des réactions
autour de vous, dans votre famille, par exemple?
TH
– C’est sûr qu’il y a certaines «
matantes » qui vont te demander ce que ça veut dire.
En général, les gens trouvent le nom cool. Ils le
retiennent aussi; c’est rare qu’on a à le répéter
douze fois à quelqu’un. Je trouve que c’est
un bon nom.
AS
– On a même déjà rencontré quelqu’un
dans la rue, quelqu’un qui ne nous connaissait pas, qui
nous a demandé notre nom et que, en l’entendant,
il était tombé amoureux de nous, il aimait le groupe.
SR
– I really like you, guys, I want your band. Il avait juste
entendu le nom.
AS
– Ça ne laisse jamais personne indifférent.
EDM
– Vous faites une reprise sur votre album, « Daddy
is my pusher ». Est-ce que vous pouvez parler de la pièce,
de l’artiste original?
AS
– OK, c’est un groupe qui s’appelle Tits. Il
n’a à peu près rien fait, il a un 45 tours
avec une pièce qui s’intitule « Daddy
is my pusher », et une autre qui s’intitule « We’re
so glad Elvis is dead ». Mais je dirais que ce n’est
pas vraiment punk rock, c’est plus new wave.
EDM
– Comment avez-vous découvert cette pièce?
AS
– Des amis de Hamilton, justement ils [les membres du groupe
Poisoned Aeros, avec lequel Sexhead jouait le soir de l’entrevue,
vient de Hamilton], ont une énorme collection de disques,
et ils nous ont fait entendre des groupes. L’un de nos amis
a dit : « je suis sûr que vous allez aimer ça
». On a écouté ça, et effectivement,
on a vraiment aimé cette pièce, ce groupe peu connu.
On le connaît depuis longtemps, et à un moment donné,
on a décidé de reprendre cette pièce à
notre façon.
TH
– On l’a quand même modifiée un peu.
EDM
– Vous êtes le groupe Sexhead, vous reprenez une pièce
du groupe Tits. Ça reste dans le concept.
TH
– Ce n’est pas voulu, mais c’est cool.
AS
– Coïncidence… si ça existe…
EDM
– Vu que vous avez des thèmes récurrents dans
les différentes pièces, je vais poser des questions
par rapport à ceux-ci. Donc, quel est votre alcool préféré?
AS
– La bière.
TH
– Moi aussi, la bière.
SR
– La bière, ça c’est bon. Après
ça, c’est le Jack Daniel’s.
AS
– Le vin rouge en mangeant. On pourrait continuer longtemps…
TH
– Un petit Bailey’s dans le café, c’est
toujours cool.
AS
– Un Stinger, après quelques bières…
SR
– Parce que nous, on abuse de tout.
EDM
– Votre position sexuelle préférée?
TH
– Doggystyle [en levrette]. C’est l’animal en
moi qui aime ça.
AS
– Moi aussi, c’est doggystyle, mais assis. Tu es sur
le bord du lit, elle est sur toi, et s’il y a un miroir,
c’est encore mieux.
SR
– Moi, c’est assis sur mon drum.
Rires
EDM
– Quel est votre album préféré, tous
styles confondus?
AS
– Impossible de répondre à cette question…parce
que tu nous demandes ça, et demain je pourrais répondre
autre chose. J’ai peur de ce que je vais dire là.
EDM
– J’imagine qu’il y a des groupes, des albums
que vous aimez tous les trois, qui sont des influences majeures.
AS
– Ces temps-ci, les Candy Snatchers…
TH
– On a ouvert quelques spectacles pour eux.
EDM
– Comment ont été ces spectacles?
AS
- Les trois ont super bien été, c’était
excellent, et on a fait le party toute la nuit avec eux.
EDM
– Encore une fois, des abus.
TH
– Bien, Candy Snatchers [et Sexhead]…
AS
- Perfect match. Je dirais aussi Grown up wrong, des Real Kids.
SR
– Riotstarz…
AS
– Riotstarz? Good choice.
TH
– C’est son groupe préféré.
EDM
– Quels sont les projets de Sexhead pour les prochains mois?
TH
– On compose des nouvelles pièces en ce moment, on
veut enregistrer bientôt, et recommencer à faire
une série de spectacles avec un nouvel album.
AS
– On va sortir un enregistrement au cours de l’année
prochaine.
EDM
– Est-ce que vous avez déjà composé
plusieurs pièces?
TH
– Plusieurs choses sont en cours de route.
EDM
– Comment vous décririez les pièces que vous
venez de composer par rapport à celles que vous avez déjà
faites?
AS
– Rock.
SR
– C’est une bonne progression.
TH
– Personne qui nous aime déjà ne sera déçu.
Ça ne ressemblera pas à Rush, ça c’est
sûr. Ça va être un nouvel album de Sexhead.
AS
– C’est sûr que ce ne sera pas une copie conforme
de I abuse, pas du tout, mais ce sera une suite logique.
TH
– Tu vas nous reconnaître quand même, mais ça
va être différent.
EDM
– Et un mot de la fin?
AS
– Yeah, rock’n’roll.
SR
– Cheers!!!
TH
– Yeah, cheers!!!
Site
de l'artiste : http://www.sexheadmusic.com |